Pourquoi emporter le matĂ©riel mĂȘme seul
L’argument du “je suis seul”
Certains pensent : “Je pars seul, personne ne pourra me chercher, Ă quoi bon emporter le DVA ?”
Cet argument est faux et dangereux.
Deux raisons essentielles
Raison 1 : Vous pouvez sauver quelqu’un
Vous n’ĂȘtes peut-ĂȘtre pas seul sur la montagne. D’autres randonneurs, skieurs ou alpinistes peuvent ĂȘtre victimes d’une avalanche.
Avec votre matériel, vous pouvez leur porter secours.
Raison 2 : Quelqu’un peut vous sauver
Si vous ĂȘtes enseveli, un autre randonneur Ă©quipĂ© pourra vous localiser.
Sans DVA (DĂ©tecteur de Victimes d’Avalanche), vous ĂȘtes invisible sous la neige.
Deux cas réels de survie prolongée
Cas 1 : Survie de 11h30 au Tessin
Les faits :
Un skieur de randonnée a été enseveli sous une avalanche au Tessin.
Il a survĂ©cu 11 heures et 30 minutes sous la neige avant d’ĂȘtre secouru.
Facteurs de survie :
- Poche d’air suffisante.
- Position permettant de respirer.
- Rendez-vous pour l’apĂ©ro pas respectĂ©: ses camarades s’inquiĂštent de ne pas le voir arriver.
- Ils arrivent aprÚs 6h30 passées sous la neige.
- Pas de DVA permettant la localisation.
- Localisé aprÚs 11h30 passées sous la neige !
Cas 2 : Survie de 17 heures en Valais
Les faits :
Un skieur a survécu 17 heures sous une avalanche en Valais.
Circonstances :
- Enseveli profondément.
- Poche d’air créée par sa position.
- Température corporelle maintenue.
- Localisation sans DVA aprĂšs 17 heures Ă lutter pour sa survie !
Enseignement de ces cas
Ces cas exceptionnels prouvent que :
- La survie prolongée est possible.
- Le DVA reste le seul moyen de localisation rapide.
- Chaque minute compte, mais l’espoir demeure longtemps.
Le matériel obligatoire
Les 3 éléments indissociables
DVA (DĂ©tecteur de Victimes d’Avalanche) :
- Permet d’ĂȘtre localisĂ©.
- Permet de localiser les autres.
- Poids : environ 200-300 g.
Sonde :
- Localisation précise avant dégagement.
- Gain de temps crucial.
- Poids : environ 200-300 g.
Pelle :
- Indispensable pour le dégagement.
- Aucune alternative efficace.
- Poids : environ 400-700 g.
Poids total
L’ensemble complet pĂšse environ 1 kg.
Ce kilogramme peut sauver votre vie ou celle d’une personne que vous croiserez.
Réflexion sur la solidarité en montagne
Vous n’ĂȘtes jamais vraiment seul
MĂȘme en partant seul, vous croisez potentiellement d’autres personnes en montagne.
Situations possibles :
- Autre randonneur sur le mĂȘme itinĂ©raire.
- Groupe de skieurs sur une pente voisine.
- Alpinistes sur un autre versant.
Responsabilité envers les autres
En montagne, chacun peut devenir sauveteur.
Avoir le matĂ©riel complet, c’est ĂȘtre capable d’aider si un accident survient prĂšs de vous.
Le matériel comme assurance collective
Pensez au matériel de sécurité comme :
- Une assurance pour vous-mĂȘme.
- Une contribution à la sécurité collective.
- Un acte de solidarité montagnarde.
Conseils pratiques pour le solo
Informer quelqu’un
Avant de partir seul :
Informez une personne de confiance de votre but, de votre itinéraire prévu et de votre heure de retour estimée.
Informez-la également de votre retour!
Informations Ă transmettre :
- Point de départ.
- Itinéraire prévu.
- Heure de retour estimée.
- Numéro à appeler si pas de nouvelles.
Vérifier son matériel
Avant chaque sortie :
- Vérifier le niveau des piles du DVA.
- Tester le DVA (autotest).
- VĂ©rifier l’Ă©tat de la pelle et de la sonde.
- Emporter un téléphone chargé.
ConnaĂźtre les conditions
Consulter systématiquement :
- Le bulletin d’avalanche.
- Les conditions météo.
- Les retours d’autres pratiquants.
Points clés à retenir
- Seul ou en groupe : DVA + sonde + pelle = obligatoires.
- Vous pouvez sauver quelqu’un, quelqu’un peut vous sauver.
- Survie possible pendant des heures : les cas du Tessin (11h30) et du Valais (17h).
- 1 kg de matériel peut faire la différence entre la vie et la mort.
- Informez toujours quelqu’un de votre itinĂ©raire.
- Le matériel de sécurité est un acte de solidarité montagnarde.










