• Positionnement des secouristes : mesure rapide des distances entre pelleteurs.
  • Travail par compartiment au sein de "la chaĂ®ne en U" : la neige est transfĂ©rĂ©e par des mouvements de pagaie.
  • La rotation, dans le sens des aiguilles d'une montre, est initiĂ©e par la personne Ă  l'avant : le travail en rotation maintien un haut niveau de motivation et minimise la fatigue prĂ©maturĂ©e.
  • DĂ©coupage de blocs : le secouriste tournĂ© vers l'extĂ©rieur du U dĂ©coupe, pelle Ă  90° pour un dĂ©coupage optimal. Les sections doivent ĂŞtre Ă©troites afin qu'elles puissent ĂŞtre brisĂ©es facilement.

L’importance d’une pelle de qualitĂ©

Une pelle en plastique qui plie et rebondit sur la neige dure rend le dégagement impossible. Pire encore, elle peut casser à cause de son âge et du froid combinés.

Un manche ou un godet métalliques trop légers qui plient sont également problématiques. La pelle devient totalement inutilisable.

N’oubliez pas la surcharge du stress : le pelleteur ne connaĂ®t plus sa force, qui peut ĂŞtre dĂ©cuplĂ©e.

CaractĂ©ristiques d’une pelle fiable

Portez votre choix sur une pelle en aluminium trempé. Norme UIAA 156.

Le manche :

  • Section non ronde (un manche rond est trop long Ă  ajuster en raison de la rotation possible)
  • Suffisamment long (minimum 75cm)
  • TĂ©lescopique de prĂ©fĂ©rence (le plus pratique)
  • Emmanchement robuste au niveau du godet

La poignée :

  • En forme de D (meilleure prise en main qu’un manche en T)

Le godet :

  • Minimum 500 cm2 de surface
  • Sommet rectiligne pour pouvoir poser le pied
  • Bord d’attaque crantĂ© pour couper efficacement les blocs
  • Bords suffisamment relevĂ©s pour garder la neige et l’empĂŞcher de glisser latĂ©ralement

NĂ©cessitĂ© de l’entraĂ®nement et de l’entretien 

Une fois Ă©quipĂ© de la bonne pelle, entraĂ®nez-vous Ă  dĂ©gager. Cela ne peut pas s’improviser.

Et après les exercices, entretenez votre pelle! Enlevez les bavures d’aluminium survenues après un pelletage dans des cailloux! 

On maintient ainsi l’efficacitĂ© dans la neige dure, on abĂ®me moins vite son sac Ă  dos et on diminue les risques de blessures Ă  soi-mĂŞme et aux victimes!

  • Positionnement des secouristes : mesure rapide des distances entre pelleteurs.
  • Travail par compartiment au sein de "la chaĂ®ne en V" : la neige est transfĂ©rĂ©e par des mouvements de pagaie.
  • La rotation, dans le sens des aiguilles d'une montre, est initiĂ©e par la personne Ă  l'avant : le travail en rotation maintien un haut niveau de motivation et minimise la fatigue prĂ©maturĂ©e.
  • La victime ensevelie est visible : des pelleteurs supplĂ©mentaires sont nĂ©cessaires en pointe, et le "V" peut continuer de travailler partiellement.
  • Travail prĂ©cautionneux près de la victime tandis que certains pelleteurs dĂ©coupent de manière Ă©nergique les cĂ´tĂ©s de la cavitĂ© pour adapter la pointe du "V" Ă  la position rĂ©elle de la victime.
  • Interface pour les secours organisĂ©s : agrandissement de la zone, uniquement après que le traitement mĂ©dical ait dĂ©butĂ©.
  • DĂ©coupage de blocs : le secouriste tournĂ© vers l'extĂ©rieur du V dĂ©coupe, pelle Ă  90° pour un dĂ©coupage optimal. Les sections doivent ĂŞtre Ă©troites afin qu'elles puissent ĂŞtre brisĂ©es facilement.
  • Elargissement des cĂ´tĂ©s: en concentrant toute la force sur l'angle de la pelle, mĂŞme un mur de neige très dur peut ĂŞtre "attaquĂ©". DĂ©couper des colonnes triangulaires afin de dĂ©gager facilement la neige.

Technique de découpe des blocs

La technique de pelletage n’a rien Ă  voir avec le maniement d’une pelle de chantier. Inutile d’espĂ©rer casser un bloc de neige durcie en plantant simplement la pelle avec le pied et en forçant sur le manche.

Aucune pelle à neige ne résistera à ce traitement barbare.

En neige durcie, prédécoupage obligatoire !

Prédécoupez le premier bloc sur au moins 3 côtés pour pouvoir le détacher sur le quatrième côté. Ensuite, 1 à 2 côtés prédécoupés suffiront pour détacher le bloc au 3ème coup de pelle.

PrivilĂ©giez la forme de dĂ©coupe en demi-lune d’environ 10 cm d’Ă©paisseur. Cette mĂ©thode est moins contraignante pour le pelleteur et pour la pelle.

La pelle n’est utile que si elle reste entière jusqu’Ă  la fin du dĂ©gagement.

Mouvement de pagaie

Ne lancez pas les blocs de neige par-dessus la tête. « Pagayez » plutôt en profitant de la rotation du torse pour faire passer les blocs en arrière aux suivants.

Gain d’Ă©nergie et efficacitĂ© garantie.


Technique de pelletage en U

La technique qui s’impose actuellement est le pelletage en U. La forme suit celle de la lettre U : arrondie vers la sonde et parallèle vers le bas.

Cette mĂ©thode a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e par Manuel Genswein et Ragnhild Eide. Elle s’est largement imposĂ©e aujourd’hui comme la plus efficace et la plus rapide.

Mise en œuvre

Organisation du chantier :

Dès que le sauveteur cherchant au DVA (DĂ©tecteur de Victimes d’Avalanche) arrive dans la zone des 3 m, les sauveteurs qui le suivent peuvent dĂ©jĂ  commencer Ă  organiser le chantier. Ils commencent Ă  creuser 1 mètre en-dessous du sauveteur de pointe qui termine sa localisation avec la sonde.

Placement après sondage :

Lorsque la victime a été touchée avec la sonde, le sauveteur laisse la sonde en place et se décale vers le bas. Il sera plus facile de dégager la neige vers le bas de la pente.

Un dĂ©placement minimal Ă©vite de piĂ©tiner la zone qui contient peut-ĂŞtre une poche d’air sur la victime. Les autres sauveteurs ne doivent plus approcher la zone de la sonde.

Sans tactique bien dĂ©finie, les sauveteurs finissent par piĂ©tiner complètement la zone au-dessus de la victime. LĂ  oĂą une poche d’air serait susceptible d’exister.

Disposition des sauveteurs :

Le premier sauveteur vient se placer à 1 m de la sonde, tout au sommet du U. Les sauveteurs suivants se placent au fur et à mesure de leur arrivée à 1 m les uns des autres au centre du futur U de dégagement.

Travail en chaîne :

En tenant la pelle devant soi, effectuer un demi-rond en passant par la sonde, ou par les pieds du sauveteur devant soi pour les suivants.

Il faut rapidement définir et concrétiser le sommet du U et rendre visibles les parois latérales du U, afin que chacun sache où creuser et se déplacer.

Le premier taille les blocs de neige et les pagaie vers l’arrière de la tranchĂ©e. Son but principal : descendre le plus vite possible en suivant le long de la sonde vers la victime.

Le deuxième creuse aussi et assiste le premier dans sa manĹ“uvre. Il pagaie Ă©galement la neige arrivant de devant vers l’arrière, vers le troisième pelleteur.

Et ainsi de suite en fonction du nombre de sauveteurs. Le travail est de moins en moins pĂ©nible lorsque l’on s’Ă©loigne de l’attaque du U.

Rotation des pelleteurs

Le sauveteur de pointe a un travail très pénible. Il donne lui-même le signal du changement au plus tard toutes les 4 minutes.

Parfois, en Ă©tat de stress, il ne rĂ©alise pas qu’il fatigue et que son rythme ralentit. Le sauveteur tout en arrière peut alors donner le signal du changement.

Procédure de rotation :

Le changement s’effectue en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre : « Ă€ mon commando, rotation ! »

Tous les pelleteurs se dĂ©calent alors Ă  gauche dans le U, et le pelleteur de pointe se retourne vers sa droite et rejoint l’arrière de la colonne par sa gauche.

Le changement ne devrait s’effectuer que lorsque le remplaçant a touchĂ© l’Ă©paule du leader. Cela Ă©vite d’interrompre le dĂ©gagement Ă  l’avant, ne serait-ce que quelques secondes.

Une fois la rotation effectuĂ©e, on reprend rapidement les distances d’1 m entre chaque pelleteur et on creuse imĂ©diatement!

Fréquence de rotation recommandée :

Le changement ne devrait intervenir qu’après 2 minutes minimum, mĂŞme en cas de fatigue. Les sauveteurs ont ainsi le temps de s’organiser dans leur nouvelle position.

Un changement trop rapide fait perdre un temps prĂ©cieux et de l’efficacitĂ© au groupe.

Adaptation selon les profils :

  • Personne âgĂ©e ou affaiblie : rotation toutes les 2 minutes
  • Adolescent ou personne sans entraĂ®nement physique : rotation après 3 minutes
  • Tous les autres : rotation toutes les 4 minutes

Gestes techniques

Restez absolument debout, plutĂ´t qu’assis ou Ă  genoux pour pelleter. Faites des mouvements de pagaie en passant la neige en arrière dans la tranchĂ©e.

Passez la neige soit par le cĂ´tĂ©, soit entre les jambes. Ne lancez pas la neige sur les cĂ´tĂ©s du U ou par-dessus l’Ă©paule : elle retombe en gĂ©nĂ©ral dans la tranchĂ©e.

Dégagement de la victime

Dès que vous apercevez la victime, essayez tout de suite de localiser la tête. Déduisez sa position en fonction de la partie du corps vue en premier et orientez la suite du dégagement.

Organisation finale :

Les deux sauveteurs les plus aguerris en matière de premiers soins travaillent alors près de la victime.

Ils raccourcissent le manche de leur pelle, se mettent à genoux, bassin contre bassin, légèrement tournés sur leur côté libre et creusent rapidement mais avec moins de force. Ils dégagent sa tête et son torse le plus vite possible.

Les autres sauveteurs en arrière creusent 2 canaux en demi-lune de part et d’autre et Ă  hauteur des hanches des pelleteurs de pointe pour leur permettre l’Ă©vacuation de la neige par les cĂ´tĂ©s ainsi libĂ©rĂ©s.

N’oubliez pas de noter l’heure de dĂ©gagement de la tĂŞte. Cette information est très importante pour le mĂ©decin.

Les autres sauveteurs finissent d’aplanir la tranchĂ©e et redressent les murs. C’est un gain de temps et de confort acquis lorsqu’il faudra extraire la victime Ă  plat sur la terrasse ainsi créée.


Efficacité même avec peu de sauveteurs

Un accident survenu en Colombie-Britannique en 2008 a démontré que cette méthode fonctionne déjà à partir de deux sauveteurs.

L’incident s’est heureusement terminĂ© par le sauvetage de la victime. Ses deux camarades l’ont dĂ©gagĂ© vivant de dessous 2 mètres de neige en 15 minutes grâce Ă  cette mĂ©thode simple mais combien efficace.


Adaptation selon le terrain

La zone de pelletage devrait avoir une pente d’au maximum 26° pour descendre jusqu’Ă  la victime. Une pente plus raide induira une rechute des blocs de neige dans la tranchĂ©e.

Trop plate, elle ralentira l’arrivĂ©e Ă  la victime, qui reste la prioritĂ© absolue.

Calcul sur terrain plat

La longueur de la tranchée en U aura au moins 2 fois la profondeur constatée au sondage. Pour 2 mètres de profondeur constatée, il faudra une tranchée longue de 4 m.

La tranchée en U étant plus longue, il faudra donc plus de pelleteurs.

Calcul du nombre de pelleteurs nécessaires :

En principe, les pelleteurs sont distants d’1m les uns des autres.

Terrain “plat” = 2x la profondeur d’ensevelissement (95% des situations)

  • Profondeur d’ensevelissement : 2 m
  • Longueur du U : 2 Ă— 2 m = 4 m Ă· 1 m
  • RĂ©sultat : 4 sauveteurs

Terrain raide (minimum 25°) = 1x la profondeur d’ensevelissement

  • Profondeur d’ensevelissement : 2 m
  • Longueur du U : 2 m Ă· 1 m
  • RĂ©sultat : 2 sauveteurs

Largeur du U

Avant de commencer Ă  creuser , tous les pelleteurs “dessinent” rapidement une demi-lune dans la neige devant eux en tenant leur pelle bras tendus. Cela permettra de poser les limites en largeur du futur U.

Dès le dĂ©but du pelletage, la largeur du U ne devrait pas excĂ©der deux longueurs de pelles, soit 1,50 m. Il faut essayer de creuser rapidement les parois latĂ©rales de façon Ă  ce que l’Ă©quipe sache oĂą sont les limites de la tranchĂ©e.

La largeur de 1,50 m garantit le meilleur rapport effort/efficacité.


Dégagement en solitaire

Si le sauveteur se retrouve seul à devoir dégager une victime, la technique en U sera aussi la meilleure méthode à appliquer.

Il se dĂ©cale un peu vers le bas pour Ă©viter de piĂ©tiner la zone d’ensevelissement. Il agrandit dès le dĂ©part la zone de dĂ©gagement.

Son but reste d’arriver le plus vite possible Ă  la tĂŞte pour libĂ©rer les voies respiratoires et le torse. Le dĂ©gagement complet passe au deuxième plan mais reste important pour faire le bilan BLS de la victime (Basic Life Support, ensemble des gestes de premiers secours de base).

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