• Positionnement des secouristes : mesure rapide des distances entre pelleteurs.
  • Travail par compartiment au sein de "la chaîne en U" : la neige est transférée par des mouvements de pagaie.
  • La rotation, dans le sens des aiguilles d'une montre, est initiée par la personne à l'avant : le travail en rotation maintien un haut niveau de motivation et minimise la fatigue prématurée.
  • Découpage de blocs : le secouriste tourné vers l'extérieur du U découpe, pelle à 90° pour un découpage optimal. Les sections doivent être étroites afin qu'elles puissent être brisées facilement.

L’importance d’une pelle de qualité

Une pelle en plastique qui plie et rebondit sur la neige dure rend le dégagement impossible. Pire encore, elle peut casser à cause de son âge et du froid combinés.

Un manche ou un godet métalliques trop légers qui plient sont également problématiques. La pelle devient totalement inutilisable.

N’oubliez pas la surcharge du stress : le pelleteur ne connaît plus sa force, qui peut être décuplée.

Caractéristiques d’une pelle fiable

Portez votre choix sur une pelle en métal rigide plutôt qu’en métal léger.

Le manche :

  • Section non ronde (un manche rond est trop long à ajuster en raison de la rotation possible)
  • Suffisamment long
  • Télescopique de préférence (le plus pratique)
  • Emmanchement robuste au niveau du godet

La poignée :

  • En forme de D (meilleure prise en main qu’un manche en T)

Le godet :

  • Sommet rectiligne pour pouvoir poser le pied
  • Bord d’attaque en WWW ou plat pour couper efficacement les blocs
  • Bords suffisamment relevés pour garder la neige et l’empêcher de glisser latéralement

Nécessité de l’entraînement

Une fois équipé de la bonne pelle, entraînez-vous à dégager. Cela ne peut pas s’improviser.

  • Positionnement des secouristes : mesure rapide des distances entre pelleteurs.
  • Travail par compartiment au sein de "la chaîne en V" : la neige est transférée par des mouvements de pagaie.
  • La rotation, dans le sens des aiguilles d'une montre, est initiée par la personne à l'avant : le travail en rotation maintien un haut niveau de motivation et minimise la fatigue prématurée.
  • La victime ensevelie est visible : des pelleteurs supplémentaires sont nécessaires en pointe, et le "V" peut continuer de travailler partiellement.
  • Travail précautionneux près de la victime tandis que certains pelleteurs découpent de manière énergique les côtés de la cavité pour adapter la pointe du "V" à la position réelle de la victime.
  • Interface pour les secours organisés : agrandissement de la zone, uniquement après que le traitement médical ait débuté.
  • Découpage de blocs : le secouriste tourné vers l'extérieur du V découpe, pelle à 90° pour un découpage optimal. Les sections doivent être étroites afin qu'elles puissent être brisées facilement.
  • Elargissement des côtés: en concentrant toute la force sur l'angle de la pelle, même un mur de neige très dur peut être "attaqué". Découper des colonnes triangulaires afin de dégager facilement la neige.

Technique de découpe des blocs

La technique de pelletage n’a rien à voir avec le maniement d’une pelle de chantier. Inutile d’espérer casser un bloc en plantant simplement la pelle avec le pied et en forçant sur le manche.

Aucune pelle à neige ne résistera à ce traitement barbare.

Prédécoupage obligatoire

Prédécoupez le premier bloc sur au moins 3 côtés pour pouvoir le détacher sur le quatrième côté. Ensuite, 1 à 2 côtés prédécoupés suffiront pour détacher le bloc au 3ème coup de pelle.

Privilégiez la forme de découpe en demi-lune d’environ 10 cm d’épaisseur. Cette méthode est moins contraignante pour l’homme et pour la pelle.

La pelle n’est utile que si elle reste entière jusqu’à la fin du dégagement.

Mouvement de pagaie

Ne lancez pas les blocs de neige par-dessus la tête. « Pagayez » plutôt en profitant de la rotation du torse pour faire passer les blocs en arrière aux suivants.

Gain d’énergie et efficacité garantie.


Technique de pelletage en U

La technique qui s’impose actuellement est le pelletage en U. La forme suit celle de la lettre U : arrondie vers la sonde et parallèle vers le bas.

Cette méthode a été développée par Manuel Genswein et Ragnhild Eide. Elle s’est largement imposée aujourd’hui comme la plus efficace et la plus rapide.

Mise en œuvre

Organisation du chantier :

Dès que le sauveteur cherchant au DVA (Détecteur de Victimes d’Avalanche) arrive dans la zone des 3 m, les sauveteurs qui le suivent peuvent déjà commencer à organiser le chantier. Ils commencent à creuser en arrière du sauveteur de pointe.

Placement après sondage :

Lorsque la victime a été touchée avec la sonde, le sauveteur laisse la sonde en place et se décale vers le bas. Il sera plus facile de dégager la neige vers le bas de la pente.

Ce déplacement évite de piétiner la zone qui contient peut-être une poche d’air sur la victime. Les autres sauveteurs ne doivent plus approcher la zone de la sonde.

Sans tactique bien définie, les sauveteurs finissent par piétiner complètement la zone au-dessus de la victime. Là où une poche d’air serait susceptible d’exister.

Disposition des sauveteurs :

Le premier sauveteur vient se placer près de la sonde, tout au sommet du U. Les sauveteurs suivants se placent en ligne sur le côté gauche du futur U de dégagement.

Ils prennent entre eux la distance d’une longueur de pelle. Puis ils se décalent en quinconce sur les bords du U.

Travail en chaîne :

Le premier taille les blocs de neige et les pagaie vers l’arrière dans la tranchée en U. Son but principal : descendre le plus vite possible verticalement le long de la sonde vers la victime.

Le deuxième creuse aussi et assiste le premier dans sa manœuvre. Il pagaie également la neige vers l’arrière, vers le troisième pelleteur.

Et ainsi de suite en fonction du nombre de sauveteurs. Le travail est de moins en moins pénible lorsque l’on s’éloigne de l’attaque du U.

Rotation des pelleteurs

Le sauveteur de pointe a un travail très pénible. Il donne lui-même le signal du changement au plus tard toutes les 3-4 minutes.

Parfois, en état de stress, il ne réalise pas qu’il fatigue et que son rythme ralentit. Le sauveteur tout en arrière donne alors le signal du changement.

Procédure de rotation :

Le changement s’effectue en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre : « À mon commando, rotation ! »

Le changement ne s’effectue que lorsque le remplaçant a touché l’épaule du leader. Cela évite d’interrompre le dégagement à l’avant, ne serait-ce que quelques secondes.

Fréquence de rotation recommandée :

Le changement ne devrait intervenir qu’après 2 minutes minimum, même en cas de fatigue. Les sauveteurs ont ainsi le temps de s’organiser dans leur nouvelle position.

Un changement trop rapide fait perdre un temps précieux et de l’efficacité au groupe.

Adaptation selon les profils :

  • Adolescent ou femme : rotation après 3 minutes
  • Personne âgée ou affaiblie : rotation toutes les 2 minutes

Gestes techniques

Restez absolument debout, plutôt qu’assis ou à genoux pour pelleter. Faites des mouvements de pagaie en passant la neige en arrière dans la tranchée.

Passez la neige soit par le côté, soit entre les jambes. Ne lancez pas la neige sur les côtés du U ou par-dessus l’épaule : elle retombe en général dans la tranchée.

Dégagement de la victime

Dès que vous apercevez la victime, essayez tout de suite de localiser la tête. Déduisez sa position en fonction de la partie du corps vue en premier.

Ralentissez et diminuez la force des mouvements lorsque la tête est en vue. Vous éviterez ainsi de blesser la victime.

Organisation finale :

Les deux sauveteurs les plus aguerris en matière de premiers soins travaillent alors près de la victime. Ils dégagent sa tête le plus vite possible.

N’oubliez pas de noter l’heure de dégagement de la tête. Cette information est très importante pour le médecin.

Les autres sauveteurs finissent d’aplanir la tranchée et redressent les murs. C’est un gain de temps et de confort acquis lorsqu’il faudra extraire la victime à plat sur la terrasse ainsi créée.


Efficacité avec peu de sauveteurs

Un accident survenu en Colombie-Britannique en 2008 a démontré que cette méthode fonctionne déjà à partir de deux sauveteurs.

L’incident s’est heureusement terminé par le sauvetage de la victime. Ses deux camarades l’ont dégagé vivant de dessous 2 mètres de neige en 15 minutes grâce à cette méthode simple mais combien efficace.


Adaptation selon le terrain

La zone de pelletage devrait avoir une pente d’au maximum 25° pour descendre jusqu’à la victime. Une pente plus raide induira une rechute de la neige dans la tranchée.

Trop plate, elle ralentira l’arrivée à la victime, ce qui reste la priorité absolue.

Calcul sur terrain plat

La longueur de la tranchée en U aura au moins 2 fois la profondeur constatée au sondage. Pour 2 mètres de profondeur constatée, il faudra une tranchée longue de 4 m.

La tranchée en U étant plus longue, il faudra donc plus de pelleteurs.

Calcul du nombre de pelleteurs nécessaires :

En principe, un pelleteur peut creuser 80 cm autour de lui.

Terrain plat :

  • Profondeur d’ensevelissement : 2 m
  • Calcul : 2 × 2 m = 4 m ÷ 80 cm
  • Résultat : Minimum 5 sauveteurs

Terrain raide (minimum 25°) :

  • Profondeur d’ensevelissement : 2 m
  • Calcul : 2 m ÷ 80 cm = 2,5 sauveteurs
  • Résultat : 3 sauveteurs idéalement

Largeur du U

Au début du pelletage, l’écartement des sauveteurs en arrière ne devrait pas excéder trois longueurs de pelles. Moins le U sera large, moins il y aura de neige à déplacer.

À la fin du pelletage, la largeur du U sur son côté ouvert en arrière sera équivalente à la profondeur d’ensevelissement.


Dégagement en solitaire

Si le sauveteur se retrouve seul à devoir dégager une victime, la technique en U sera aussi la meilleure méthode à appliquer.

Il se décale un peu vers le bas pour éviter de piétiner la zone d’ensevelissement. Il agrandit dès le départ la zone de dégagement.

Son but reste d’arriver le plus vite possible à la tête pour libérer les voies respiratoires. Le dégagement complet passe au deuxième plan mais reste important pour faire le bilan BLS (Basic Life Support, ensemble des gestes de premiers secours de base) de la victime.

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