DVA et ARVA : quelle différence ?
DVA = Détecteur de Victimes d’Avalanche
ARVA = Appareil de Recherche de Victimes d’Avalanche (terme générique repris par un fabricant pour dénommer ses appareils)
Au niveau international, l’abréviation DVA a été définitivement adoptée.
Les origines : 1940-1997
L’idée originale de F. Bächler (1940)
Dès 1940, l’ingénieur F. Bächler eut l’idée d’équiper d’émetteurs électromécaniques les troupes militaires exposées aux dangers de la montagne hivernale.
Il fallut attendre 1960 pour que des travaux concrets basés sur son idée ne voient le jour.
Le premier système opérationnel : Skadi (1968)

En 1968, J. Lewton développa aux États-Unis le premier système émetteur-récepteur sur la fréquence de 2.275 kHz (Système Skadi).
Les patrouilleurs de la station de ski d’Aspen l’utilisèrent dès l’hiver 1970.
Le VS68 : premier DVA suisse (1968)
La même année, sur mandat de l’armée suisse, la société Autophon AG développa son premier DVA.
Caractéristiques du VS68 :
- Couleur : jaune
- Fréquence : 457 kHz
- Utilisé par les soldats de montagne
Les essais sur le terrain s’étalèrent sur deux ans.
L’évolution des modèles suisses (1975-1994)
Le DVA75 (1975) :

La deuxième version du VS68, de couleur rouge, marqua une évolution importante.
Le Barryvox VS68-2 (1988) :
En 1988 sortit le célèbre Barryvox VS68-2, version remaniée du premier VS68.
Caractéristiques :
- Couleur : orange
- Commercialisation : jusqu’en 1994
- Ventes totales : plus de 100’000 appareils
Certains de ces appareils fonctionnent encore aujourd’hui, plus de 30 ans plus tard.
Le marché autrichien : Pieps et la guerre des fréquences
À la même époque, le Pieps 1 vit le jour en Autriche, opérant sur 2.275 kHz.
La compatibilité entre les appareils suisses (457 kHz) et autrichiens (2.275 kHz) était impossible. Des fabricants construisirent alors des appareils opérant sur les deux fréquences.
Le F2 d’Ortovox :

Ortovox sortit son premier DVA, le F2, compatible avec les deux fréquences.
Pieps sortit ensuite le Pieps 3 et le DF, mais avec des performances nettement moins bonnes à cause des deux fréquences.
La normalisation de la fréquence (1984)
Grâce aux efforts de la CISA (Commission Internationale du Secours Alpin) et de la DIN (Deutsche Industrie Norm), une fréquence unique normée européenne fut définie en 1984 : 457 kHz.
Cette norme européenne devint finalement mondiale. Tous les DVA présents sur le marché mondial travaillent aujourd’hui sur cette fréquence.
Pourquoi 457 kHz ?
La fréquence de 457 kHz a été choisie pour ses propriétés physiques remarquables :
- Basse fréquence stable
- Insensible à la qualité de la neige (jusqu’à la glace)
- Capable de traverser le corps humain sans perte de puissance
Les mono-antennes analogiques
Du début jusqu’en 1997, les DVA n’avaient qu’une seule antenne, servant à émettre et à réceptionner le signal sur le mode analogique.
Les premiers affichages visuels
Certains produits ont préfiguré l’évolution qui allait suivre :
Option 8000 de Nic Impex (1989) :
- Premier affichage de la ligne de flux électromagnétique au moyen d’une diode
F1 Focus d’Ortovox (1989) :

- Visualisation de la ligne de flux électromagnétique
Génération M1 et M2 :

- Ajout de la notion de distance lisible sur un écran
La précision était déjà assez bonne, basée sur l’intensité du flux. Le résultat restait cependant dépendant de l’entraînement du sauveteur à interpréter les informations.
Le Barryvox VS2000 : la référence (1994)

En 1994 sortit le fameux Barryvox VS2000, appareil conçu par Girsberger Elektronik AG sur mandat d’Autophon AG.
Performances remarquables :
- Seul DVA ayant une portée pouvant atteindre 120 m
- Grande robustesse
- Rapidement devenu une référence dans le milieu
Il est encore utilisé par certains secouristes lorsque la longue portée est importante, comme lors de la recherche par hélicoptère.
Mise au rebut recommandée
Tous les appareils présentés ci-dessus font partie du musée virtuel du DVA. Ils devraient vraiment être mis au rebut, dans le but de simplifier et de rendre plus efficace la recherche.
Des vies en dépendent.
La révolution numérique : 1997-2003
Le Tracker DTS : premier bi-antennes numérique (1997)
En 1997 aux États-Unis, la maison BCA sortit le premier DVA bi-antennes numérique (ou digital en anglais) : le Tracker DTS.
La réponse du public américain et mondial fut unanime. Il donna l’impulsion au marché pour des développements prometteurs dans le domaine de la recherche.
L’Opto3000 : premier hybride analogique-numérique (1999)

L’hiver 1999 vit arriver le fameux Opto3000, premier bi-antenne analogique et numérique.
Développement :
- Développé par Ascom (Suisse) en collaboration avec Mammut
- Se partagea pendant plusieurs années le marché du DVA bi-antennes avec le Tracker DTS

Mise au rebut recommandée
Tous les appareils bi-antennes sont les DVA qui devraient faire partie du prochain train de mise au rebut.
L’ère des tri-antennes : 2003-2014
Le Pieps DSP : premier tri-antennes (2003)

En 2003, Pieps sortit le DSP, premier DVA tri-antennes.
Caractéristiques :
- Uniquement numérique
- Équipé du système DSP (Digital Signal Processor)
Le Pulse Barryvox : innovation récompensée (2006)

En 2006, le tandem Ascom/Mammut sortit le Pulse Barryvox, premier appareil tri-antennes analogique et numérique.
Innovations :
- Également équipé du système DSP
- Reçut un Award à l’ISPO de Munich en février 2007 pour son côté innovant et son design
Le système DSP : révolution algorithmique
Le système DSP permet, grâce à un microprocessor et à un algorithme spécialement conçu, d’isoler chaque signal en fonction de son identité propre.
Avantages du DSP :
- Établissement d’une liste des victimes
- Suivi d’un signal au choix sur certains appareils
- Masquage d’un signal pour se concentrer sur le prochain
- Résolution des situations de victimes multiples beaucoup plus facilement
Diversification du marché (2008-2011)
Ortovox S1 (2008) :

En 2008, Ortovox sortit le S1, qui proposait sur son écran une nouvelle façon de lire l’avancement du sauveteur sur le terrain.
ARVA 3 axes et Evo3 (2008) :

Dans le même temps, Nic Impex sortit sa série ARVA 3 axes et ARVA Evo3.
Pulse Barryvox 3.0 (2009/2010) :
L’hiver 2009/2010 vit une mise à jour 3.0 pour le Pulse Barryvox.
Améliorations notables :
- Performances accrues
- Confort de lecture amélioré
- Choix du profil d’utilisateur : simple ou avancé
- Possibilité de télécharger une nouvelle version de firmware
Le marché accueillit très favorablement le fait de pouvoir télécharger une nouvelle version sans avoir à changer d’appareil.
Ortovox 3+ (2010) :

Le 3+ d’Ortovox était un DVA basique avec DSP et fonction de marquage.
Tracker2 de BCA (2010/2011) :
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L’hiver 2010-2011 vit arriver le Tracker2 de BCA, appareil 3 antennes sans DSP.
Nouvelles générations (2011-2014)
Element Barryvox (2011/2012) :

L’hiver 2011-2012 vit apparaître le Element Barryvox, 6ème appareil de la marque suisse depuis les débuts.
Caractéristiques :
- Logiciel basique découlant du profil simple du Pulse
- Sans modifications possibles
- Communication avec le Pulse Barryvox et le nouvel ARVA Link sur sa deuxième fréquence W-Link
Pulse Barryvox 3.2 : sécurité renforcée (2011/2012) :
Le Pulse Barryvox reçut une nouvelle mise à jour 3.2, apportant des nouveautés très intéressantes pour la sécurité du sauveteur.
Nouveautés majeures :
- Mode SEND sauvetage : bloque en standby l’émission du DVA tant que le sauveteur bouge
- Repasse le DVA en Send en cas d’immobilité prolongée
- Guidage acoustique breveté en profil simple (également sur l’Element Barryvox)
- Possibilité d’employer des piles au lithium à partir de la version 3.2
- Reconnaissance du type de piles employées
ARVA Link et Axis (2011/2012) :

Nic Impex sortit le ARVA Link, retardé la saison précédente pour finition du produit, ainsi que le Axis, version simplifiée du Link.
Ortovox 3+ : mise à jour Smart Antenna (2013/2014) :
La mise à jour de l’hiver 2013/2014 permit à l’appareil de travailler également avec le système Smart Antenna.
Le boîtier fut corrigé dans sa version 2013/2014 : la pile ne pouvait plus sortir par inadvertance en éteignant l’appareil.
Autres modèles (2013/2014) :
Ortovox sortit également le Zoom+, appareil 3 antennes très basique disposant du Smart Antenna.

Pieps sortit deux nouveaux appareils : le DSP Pro (noir) version complète et le DSP Sport (vert) plus basique.

ARVA sortit également un 3 antennes basique, le Neo.

BCA devait sortir le Tracker3 avec 3 antennes, mais sa sortie fut retardée à l’hiver 2014/2015.
Le guidage assisté : révolution de 2014
Pulse Barryvox 4.0 : guidage assisté breveté :
Mammut mit au point la version 4.0 du logiciel du Pulse, apportant une petite révolution dans la recherche fine en-dessous de 3 mètres.
Le système de guidage assisté :
- Guidage actif du sauveteur dans la phase finale
- Indication du point de retour sur chaque ligne lors de la croix finale
- Guidage acoustique clair et compréhensible
- Point de sondage en forme de cible
- Récompensé par un prix au Salon ISPO à Munich en janvier 2014
Liberté du sauveteur préservée :
Le guidage assisté n’est jamais un ordre donné au sauveteur. Celui-ci a toujours toute latitude de revenir à la méthode de base de la recherche en croix.
Il peut se concentrer uniquement sur l’affichage de la distance, et sur rien d’autre. Toutes les méthodes et techniques de recherche sont basées et inspirées par la recherche en croix.
Le standard actuel et l’évolution continue
Aujourd’hui, tous les principaux fabricants proposent des tri-antennes numériques.
Avantages du standard tri-antennes
Le DVA 3 antennes offre plusieurs avantages décisifs :
- Très rapide dans l’approche
- Très précis dans la phase de recherche fine
- Évaluation de la profondeur possible
- Ne souffre pas des imprécisions dues aux faux maxima des mono- et bi-antennes
Recherche simplifiée
Lorsque la distance la plus basse s’affiche, le sauveteur se trouve au-dessus de la victime.
Étapes finales :
- Confirmer la position exacte avec la sonde (90° par rapport à la pente)
- Dégager la victime avec la pelle
Mises à jour logicielles : investissement durable
Les nouvelles générations de DVA offrent la possibilité de faire des mises à jour de leur logiciel sur la quasi-totalité des appareils.
Avantages pour l’utilisateur :
- Améliorations et innovations sans changer de boîtier
- Retour sur investissement préservé
- Plus obligé de changer son DVA à chaque amélioration ou nouveauté
L’avenir des DVA : W-Link et nouvelles technologies
La fréquence 457 kHz : un standard pérenne
L’avenir dans le domaine est tributaire de la fréquence 457 kHz, qui ne peut être changée dans un avenir proche.
Cela supposerait d’échanger tous les DVA actifs à travers le monde entier, ce qui paraît plus qu’utopique.
La technologie W-Link : communication entre appareils
Pour pallier à cet état de fait, certains fabricants ont commencé à équiper leur appareil d’une deuxième fréquence, appelée W-Link (868 MHz en Europe).
Caractéristiques du W-Link :
- Indépendante et sans influence sur le 457 kHz
- Permet d’échanger des informations facilitant la résolution de situations complexes
- Fonctionne uniquement entre appareils équipés de ce W-Link
Le Pulse Barryvox et le W-Link
Le Pulse Barryvox utilise le W-Link pour échanger des données vitales (unique chez le Pulse).
Informations échangées :
- Appareil en émission
- Appareil arrêtant d’émettre
Cela permet de soulager le microprocesseur, puisqu’il n’a plus besoin d’aller contrôler à intervalles réguliers s’il retrouve le signal enregistré. La recherche multiple s’en trouve facilitée.
Le nouvel ARVA Link de la maison Nic-Impex est également équipé de ce W-Link et peut communiquer avec le Pulse Barryvox.
GPS et Galileo : pistes d’avenir avec limites
La possibilité d’être repéré grâce aux satellites, utilisant les technologies GPS ou Galileo, est également une voie étudiée en ce moment.
Limites physiques actuelles :
- Transmission difficile en fond de vallée
- Problèmes par mauvais temps
- Couverture forestière perturbante
- Question de la retransmission d’informations aux camarades au sol proches de la victime
Les technologies évoluent tellement vite qu’il ne serait pas surprenant de voir apparaître de nouvelles possibilités.
Il est cependant peu probable que le sauvetage soit possible uniquement à travers les satellites dans un avenir très proche à cause des limites de la transmission.
La fréquence 457 kHz a encore de beaux jours devant elle.










